Plaire (v. intr., impers. et pron., verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| v. intr., impers. et pron. |
je plais, nous plaisons ; je plaisais, nous plaisions ; je plus ; je plairai ; je plairais ; plais, plaisons ; que je plaise ; que je plusse ; plaisant ; plu.)
XII e siècle. Réfection du verbe de l'ancien français plaisir, lui-même issu du latin placere , « être agréable ».
1. V. intr. Être agréable à autrui. Il a eu le bonheur de leur
2. V. impers. Convenir, être agréable. Je ferai ce qu'il vous plaira . Comme il vous plaira, autant qu'il vous plaira , comme, autant que vous voudrez. Suivi d'un infinitif ou d'une subordonnée au subjonctif. Il me plaît d'être parmi vous. Vous plairait-il d'aller au théâtre ? Il nous plaît que vous ayez réussi à venir. Et s'il me plaît à moi de le faire ! Expr. Cela va comme il plaît à Dieu , se dit d'une affaire menée avec négligence, abandonnée aux caprices du hasard. Titre célèbre : Comme il vous plaira, de William Shakespeare (vers 1599). Loc. Plaît-il ? formule de politesse utilisée pour faire répéter ce que l'on a mal entendu ou mal compris ou ce que l'on feint d'avoir mal compris. S'il vous plaît (par abréviation S.V.P .), s'il te plaît , formule de politesse liée à une demande ou à un ordre. Pouvez-vous, s'il vous plaît, répondre à ma question ? Un peu de silence, s'il vous plaît ! Pour exprimer un acquiescement courtois. « Voulez-vous un café ? ? S'il vous plaît. » Fam. Pour insister, souligner un propos. Il s'est acheté une montre, et en or, s'il vous plaît . Avec ellipse du pronom impersonnel. Plaise à Dieu, plût à Dieu que ..., pour exprimer un souhait, un vœu, un regret. Plaise à Dieu qu'il revienne sain et sauf ! Plût au Ciel que cette nouvelle fût fausse ! À Dieu ne plaise, ce qu'à Dieu ne plaise ! pour exprimer un refus énergique ou pour atténuer la brutalité d'une hypothèse. À Dieu ne plaise que j'y consente jamais. S'il meurt, ce qu'à Dieu ne plaise, je quitterai cette maison . . S'emploie pour introduire une conclusion, une requête présentée à un tribunal. Plaise à la cour accorder réparation, plaise au tribunal d'acquitter cet homme .
3. V. pron. Prendre plaisir à quelque chose, y trouver quelque agrément. Il se plaît à lire, à flâner. Il ne se plaisait qu'à me contredire . Se
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
("Je plais, tu plais, il plaît; nous plaisons, vous plaisez, ils plaisent. Je plaisais. Je plus. Je plairai. Plais. Que je plaise. Que je plusse. Plaisant. Plu.") Agréer, être agréable. "Cet homme-là me plaît beaucoup. Il a tout ce qui peut
"Cela vous plaît à dire," Locution familière servant à faire connaître qu'on ne convient pas de ce qui vient d'être dit, ou à énoncer un refus. "Vous prétendez que c'est un honnête homme; cela vous plaît à dire".
PLAIRE s'emploie aussi impersonnellement, en parlant d'une Chose qu'on veut, qu'on a pour agréable. "Il me plaît de faire ceci. Il a plu à Dieu de finir ses misères. Il n'en sera que ce qu'il vous plaira. Je ferai ce qu'il vous plaira. Comme il vous plaira. Il ne me plaît pas que vous alliez là. Il fait de ses amis tout ce qu'il lui plaît."
Fig., "Cela va comme il plaît à Dieu," se dit d'une Affaire dont la conduite est abandonnée, négligée.
"S'il vous plaît," employé absolument, est un simple terme de civilité. "Donnez-moi cela, s'il vous plaît. Répondez, s'il vous plaît, à la question que je vais vous faire." C'est aussi une façon de donner à ce qu'on dit plus de force et un accent plus impérieux. "Croyez, s'il vous plaît, que je sais ce que je dis. N'allez pas, s'il vous plaît, vous imaginer que je vous laisserai faire."
Dans le style familier, une personne qu'on appelle répond quelquefois "Plaît-il!" c'est-à- dire Que vous plaît-il? Le plus souvent, on emploie cette formule pour faire répéter ce qu'on n'a pas bien entendu ou parfois ce qu'on ne veut pas avoir entendu.
"Plaise à Dieu, plût à Dieu que," Façons de parler dont on se sert pour marquer qu'on souhaite quelque chose. "Plaise à Dieu qu'il revienne sain et sauf! Plût à Dieu que cela fût!" On dit aussi absolument "Plût à Dieu!"
"À Dieu ne plaise, ce qu'à Dieu ne plaise," Façons de parler dont on se sert pour témoigner l'éloignement ou l'aversion que l'on a pour quelque chose. "À Dieu ne plaise que j'y consente jamais. S'il meurt, ce qu'à Dieu ne plaise, je quitterai cette maison."
"Plaise," Formule dont on se sert dans quelques écrits ou mémoires qu'on présente aux magistrats. "Plaise à la cour."
SE PLAIRE signifie Prendre plaisir à quelque chose. "Il se plaît à lire. Elle se plaît à vous mettre en colère. Il ne se plaît qu'à faire du mal. Il ne se plaît à rien. Elle s'est plu à vous contredire. Ils se sont plu à me persécuter".
Il signifie aussi Aimer à être dans un lieu, s'y trouver bien. "Il se plaît à la campagne. C'est un des endroits où je me plais le plus."
Il se dit, en ce sens, des Animaux. "Le gibier se plaît dans les taillis. Les truites se plaisent dans l'eau vive."
Il se dit aussi des Plantes. "La vigne se plaît dans les terres pierreuses. Le sapin se plaît sur les montagnes."
"Se
"Se
Dictionnaire d'Emile Littré
1 Agréer, être agréable, en parlant des personnes.
LA ROCHEFOUC.: « Pour
MOL.: « Et pour n'avoir personne à sa flamme contraire, Jusqu'au chien du logis il s'efforce de
PASC.: « En sachant la passion dominante de chacun, on est sûr de lui
BOSSUET: « Elle connaissait si bien la beauté des ouvrages de l'esprit, que l'on croyait avoir atteint la perfection quand on avait su
MAINTENON: « Je serais très aise de
J. B. ROUSS.: « Qui cherche à
VOLT.: « Il n'y a peut-être rien de plus fou et de plus faible, après les Velches, que ceux qui veulent leur
Il se dit du charme qui captive un amant, une amante.
RAC.: « Votre fille me plut, je prétendis lui
BEAUMARCH.: « Rosine : Si vous pouviez me
2 Absolument. Avoir un charme.
LA ROCHEFOUC.: « Nous plaisons plus souvent dans le commerce de la vie par nos défauts que par nos bonnes qualités »
PASC.: « Il faut de l'adresse pour aimer ; l'on épuise tous les jours les manières de
BOSSUET: « Elle vit le monde, elle en fut vue : bientôt elle sentit qu'elle plaisait »
BOILEAU: « Il faut qu'en cent façons pour
LA BRUY.: « Une femme coquette ne se rend pas sur la passion de
SAINT-SIMON: « Jamais homme n'a eu plus que lui [Fénelon] la passion de
LAMOTTE: « Apprends qu'en ce bas monde Il vaut mieux
MAIRAN: « Il [le cardinal de Fleury] plaisait par ses manières nobles et aisées, et il ne paraissait vouloir
MAIRAN: « Le don de
VOLT.: « Cette envie de
D'ALEMB.: « Je ne connais personne, je le répète, qui plaise aussi généralement que vous, et peu de personnes qui y soient plus sensibles »
3 Être agréable, convenir, en parlant des choses.
CONDIL.: « On a pour toute règle que ce qui plaît est beau, et on ne songe pas que ce qui plaît aujourd'hui ne plaira plus demain »
VOLT.: « Il faut.... Prendre l'état qui vous plaira le plus »
Familièrement. Cela vous plaît à dire, s'emploie pour faire entendre que l'on n'accepte pas ce qui vient d'être dit.
TH. CORN.: « Tout beau, berger, cela vous plaît à dire »
4 V. impers. Vouloir, trouver bon.
CORN.: « Qui peut ce qu'il lui plaît commande alors qu'il prie »
MOL.: « Heureux, si vous voulez, malheureux, s'il vous plaît »
MOL.: « Je vous prie tous deux de ne vous point en aller qu'on ne m'ait apporté mon habit, afin que vous me puissiez voir. - Tout ce qu'il vous plaira »
MOL.: « Vous plaît-il un morceau de ce jus de réglisse »
MOL.: « Encore un petit mot. - Il ne me plaît pas, moi »
PASC.: « Il y a cette différence entre Dieu et les souverains, que, Dieu étant la justice et la sagesse même, il peut faire mourir sur le champ qui il lui plaît et en la manière qu'il lui plaît »
BOURDAL.: « Il peut prononcer comme il lui plaît, ordonner selon qu'il lui plaît, exécuter tout ce qu'il lui plaît »
Avec que, le verbe qui suit se met au subjonctif. Il me plaît que vous fassiez cela.
BOSSUET: « Ceux, dit-il [le concile d'Elvire], qui retomberont dans leurs premiers crimes après le remède de la pénitence, il nous a plu qu'on ne leur permît pas de se jouer encore une fois de la communion »
Dans l'emploi impersonnel, l'infinitif qui suit est mis souvent sans préposition.
CORN.: « Et nos jours criminels ne pourront plus durer Qu'autant qu'à sa clémence il plaira l'endurer »
MARG. BUFF.: « Comme il faut dire : la faveur qu'il vous a plu me faire, la grâce qu'il vous a plu m'accorder, qui est meilleur que la faveur qu'il vous a plu de me faire, etc. »
MOL.: « Vous plaît-il, don Juan, nous éclaircir ces beaux mystères ? »
Qui bon lui plaît, celui qu'il veut selon le bon plaisir. L'armée vint à Londres, et chassa qui bon lui plut de Westminster, CHATEAUB., Stuarts, Du commencement de la guerre civile.
Cela va comme il plaît à Dieu, se dit d'une chose mal ordonnée, qui se fait mal.
BOILEAU: « Mais moi, grâce au destin, qui n'ai ni feu ni lieu, Je me loge où je puis, et comme il plaît à Dieu »
VOLT.: « Contentons-nous de nos vingt millions d'hommes et de nos cent vingt livres par tête, réparties comme il plaît à Dieu »
DIDER.: « Le satyre est dessiné comme il plaît à Dieu »
Tout ce qu'il vous plaira, se dit pour laisser à celui à qui l'on parle le soin d'achever une énumération.
MOL.: « Je le tiens galant homme en toutes les manières, Homme de qualité, de mérite et de coeur, Tout ce qu'il vous plaira, mais fort méchant auteur »
SÉV.: « Vous verriez que toutes les femmes qui sont ici, ayant dans cette barque leurs maris, leurs fils, leurs frères, leurs cousins, ou tout ce qu'il vous plaira, ne laissent pas de vivre, de manger, de dormir, d'aller, de venir, de parler, de raisonner et d'espérer de revoir bientôt l'objet de leur inquiétude »
Tout ce qu'il vous plaira, se dit aussi pour indiquer qu'on ne tient pas compte des objections.
Ironiquement. Tant qu'il vous plaira, se dit pour indiquer qu'on accorde une chose par pure politesse, mais sans y rien attacher de sérieux.
BOURDAL.: « Ce sont là, dites-vous, des extrémités ; il est vrai : mais extrémités tant qu'il vous plaira, rien n'est plus commun dans l'état du mariage »
DIDER.: « Mon ami tant qu'il vous plaira ; moi d'abord »
S'il vous plaît, terme de politesse, pour demander quelque chose à quelqu'un.
MAINTENON: « Ne m'oubliez jamais dans vos prières, s'il vous plaît »
Parfois, s'il vous plaît, est une façon polie de recommander avec énergie ce qu'on dit.
CORN.: « Une seconde fois avisez, s'il vous plaît, à traiter Laodice en reine comme elle est ; C'est moi qui vous en prie »
MOL.: « Et moi, ma petite fille, ma mie, je veux que vous vous mariiez, s'il vous plaît »
Plaît-il ? c'est-à-dire que demandez-vous de moi ?
Cela se dit aussi pour faire répéter ce qu'on n'a pas bien entendu.
Il est auprès de lui à plaît-il, maître, se dit d'un homme qui est auprès d'un autre d'une complaisance servile.
SAINT-SIMON: « Aussi Godet fut-il un personnage devant qui le clergé rampait, et avec qui les ministres étaient à plaît-il, maître »
5 Plaise à Dieu, plût à Dieu que... ! formules de souhait.
RAC.: « Plaise à Dieu qu'il en soit ainsi ! Plût aux dieux que mon coeur fût innocent comme elles [comme mes mains] ! »
D'ALEMB.: « Plût à Dieu que l'histoire parlât davantage des hommes de génie, et moins de la méchanceté ou de l'imbécillité puissante, si ce n'est pour faire abhorrer l'une et mépriser l'autre ! »
Quelquefois le de ou même le que se supprime.
MOL.: « Plût à Dieu l'avoir tout à l'heure [le fouet] devant tout le monde, et savoir ce qu'on apprend au collége ! »
MOL.: « Ah ! tout cela n'est que trop véritable ; Et, plût au ciel le fût-il moins ! »
SÉV.: « Plût à Dieu vous savoir en chemin présentement ! il fait un temps de printemps »
HAMILT.: « Plût à Dieu que vous lui eussiez gagné mille pistoles, et en être [que j'en fusse] de moitié ! »
À Dieu ne plaise ! marque l'éloignement, l'aversion que l'on a pour quelque chose.
BOURDAL.: « À Dieu ne plaise que je vous laisse ignorer ce qui concerne les morts et la conduite que vous devez tenir à leur égard ! »
MARIVAUX: « Quand je serais d'humeur à me remarier, ce qu'à Dieu ne plaise.... »
MONTESQ.: « Je n'ai point dit ceci pour diminuer rien de la distance infinie qu'il y a entre les vices et les vertus : à Dieu ne plaise ! »
6 Plaise, terme de formule dont on se sert dans quelques écrits ou mémoires que l'on présente. Plaise au roi, plaise à la cour m'octroyer.
Nous voulons et nous plaît ce qui suit, formule qui était autrefois employée dans les édits et déclarations du roi.
7 Se
BOILEAU: « Et, toujours mécontent de ce qu'il vient de faire, Il plaît à tout le monde et ne saurait se
LA BRUY.: « Si les femmes veulent seulement être belles à leurs yeux, et se
Être agréable l'un à l'autre.
LA BRUY.: « Les femmes ne se plaisent pas les unes aux autres par les mêmes agréments qu'elles plaisent aux hommes »
SAINT-SIMON: « Fénelon vit Mme Guyon ; leur esprit se plut l'un à l'autre »
8 Se
RAC.: « Roi cruel ! ce sont là les jeux où tu te plais »
VOLT.: « Qui ne se plaît pas à Regnard n'est pas digne d'admirer Molière »
J. J. ROUSS.: « Il y a bien de la différence entre se
On dit aussi : se
PASC.: « Que Dieu ne se plaisait pas aux temples faits de main, mais en un coeur pur et humilié »
BOSSUET: « La créature qui se plaît en elle-même »
FLÉCH.: « Ce roi, qui se plaisait dans la vérité »
VOLT.: « Il [Lamotte] avait beaucoup d'amis, c'est-à-dire qu'il y avait beaucoup de gens qui se plaisaient dans sa société ; je l'ai vu mourir, sans qu'il eût personne auprès de son lit, en 1731 »
BONNET: « L'âme se plaît dans l'exercice facile de ses forces »
Se
CORN.: « Mais il est aveuglé. - Mais il se plaît à l'être »
LA FONT.: « La fortune se plaît à faire de ces coups »
VOLT.: « Insectes invisibles que la main du Créateur s'est plu à faire naître dans l'abîme de l'infiniment petit »
On dit aussi avec un infinitif, bien que plus rarement, se
RÉGNIER: « Oui, j'écris rarement et me plais de le faire »
LA FONT.: « Et cette erreur extrême Est un mal que chacun se plaît d'entretenir »
LA FONT.: « Il en est peu qui fort souvent Ne se plaisent d'entendre dire Qu'au livre du destin les mortels peuvent lire »
BOSSUET: « Il faudrait être aveugle pour ne pas voir qu'il y a une puissance occulte et terrible qui se plaît de renverser les desseins des hommes »
RAC.: « Relevez, relevez ces superbes portiques Du temple où notre Dieu se plaît d'être adoré »
VOLT.: « C'est un bon mot sans doute, et qu'on se plaît d'entendre »
A. CHÉNIER: « Il s'admire, et se plaît de se voir si savant »
Avec faire on supprime quelquefois le pronom personnel.
MALH.: « Ceux que l'opinion fait
9 Aimer à être avec certaines personnes.
MARIVAUX: « On se plaît avec les gens dont on vient de mériter la reconnaissance »
J. J. ROUSS.: « Il se plaisait avec les amis qu'il croyait avoir, mais il se plaisait encore plus avec lui-même »
Aimer à être dans un lieu, s'y trouver bien.
J. J. ROUSS.: « Elle rejeta mon offre, me protesta qu'elle se plaisait fort à l'hermitage »
GILB.: « Que j'aime ces bois solitaires ! Aux bois se plaisent les amants, Les nymphes y sont moins sévères, Et les bergers plus éloquents »
Il se dit aussi des animaux et des végétaux. Les perdrix se plaisent sur ce coteau.
BOUGAINVILLE: « Cette plante se cache sous les herbes et se plaît dans les lieux humides »
REMARQUE
Le participe passé du verbe
SYNONYME
CE QUI VOUS PLAÎT, CE QU'IL VOUS PLAÎT. Ce qui vous plaît signifie ce qui vous donne du plaisir, ce qu'il vous plaît signifie ce que vous voudrez. Cette distinction, bien que réelle, n'était pas toujours suivie anciennement : En ce temps-là il n'y avoit point de roi dans Israël ; mais chacun faisoit ce qui lui plaisait, SACI, Bible, Juges, XXI, 24 ; Non, je tombe d'accord de tout ce qui vous plaît ; Tout marche par cabale et par pur intérêt, MOL Mis. V, 1. Le sens veut, aujourd'hui du moins, ce qu'il lui plaisait, ce qu'il vous plaît.
HISTORIQUE
XIème siècle
Ch. de Rol. XXVI: Ce respont Guenes : ne placet Dame Deu [ne plaise au Seigneur Dieu]
ib. XXXVIII: Deus, se lui plaist, à bien le vous mercie
XIIème siècle
Th. le mart. 70: Itels briefs enveieient al saint humme ultre mer, Pur mielz plaisir al rei e pur lur sens mustrer
Ronc. p. 47: Sire conpeing, plait-il vos [vous plait-il] escouter ?
ib. p. 65: Car pleüst Deu [plût à Dieu] qui fit oisel volage....
Couci, II: Quant vous plaira, s'ert [sera] ma peine merie [récompensée]
ID.: « Et qu'il vous plaist à ouïr ma priere »
ib. p. 125: Diex ! pourquoi l'aim [l'aiméje], quant je ne lui puis
Rois, p. 112: Cument purrad-il à sun seigneur plasir mielz que par noz testes trencher ?
XIIIème siècle
Berte, III: Car il ne plot [plut] à Dieu qui tout a à garder
la Rose, 27: Si vi ung songe en mon dormant, Qui moult fut biax et moult me plot
ib. 797: Biaus amis, que faites vous là ? Fait Courtoisie, ça venez, Et avecques nous vous prenez à la carole [danse], s'il vous plest
Fl. et Bl. 308: Qu'à son signor [elle] puisse plaisir, Et Blanchefleur de mort garir
XVème siècle
FROISS.: « Sire, que plait vous ? »
FROISS.: « Toutes ces choses plaisirent grandement au duc de Bourgogne »
COMM.: « La requeste qu'il vous a pleu me faire »
LOUIS XI: « Notre ivrogne plus saoul qu'une grive partant des vignes, commença, s'il vous plaist, sa devote confession »
Perceforest, t. v, f° 45: Non pas que je dye qu'elle ne voulsist [voulût] aymer, ou que je la vaille, se humilité amoureuse ne s'en mesloit aucunement ; ainsi luy pleust à dire
XVIème siècle
MONT.: « Il me plaist de... »
MONT.: « Se
MONT.: « La lumiere qu'il plaist au soleil nous communiquer par ses rayons »
MONT.: « La fortune se plaist à luy rompre la roideur de sa course »
MONT.: « Nous nous plaisons plus des choses estrangieres que des nostres »
LA BOËTIE: « Il faut qu'ils se plaisent de son plaisir, qu'ils laissent leur goust pour le sien »
RONS.: « La cigale se p'aist du chant de la cigale »
AMYOT: « Ja dieu ne plaise, dit-il, que sois jamais... »
OUDIN: « Marchandise qui plaist est à demie vendue »
ÉTYMOLOGIE
Provenç. placer ; catal. plaurer ; espagn. placer ; portug. prazer ; ital. piacere ; du lat. placere. Il y avait de ce verbe deux infinitifs, plaisir et
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE PLAIRE. - REM. Ajoutez :
2. Régnier a dit se
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Agréer, être agréable, causer à quelqu'un un sentiment ou une sensation qu'il aime à éprouver. "Cet homme-là me plaît beaucoup. Il a tout ce qui peut
"Cela vous plaît à dire." Locution familière servant à faire connaître qu'on ne convient pas de ce qui vient d'être dit, ou à énoncer un refus. "Vous prétendez que c'est un bonhomme; cela vous plaît à dire. Vous voulez que je fasse cette démarche; cela vous plaît à dire."
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
s'emploie aussi avec le pronom personnel régime indirect, et signifie, Prendre plaisir à quelque chose. "Il se plaît à étudier. Il se plaît à lire. Il se plaît à vous mettre en colère. Il ne se plaît qu'à faire du mal. Il ne se plaît à rien. Je me plais au jardinage, à l'agriculture. Elle s'est plu à vous contredire. Ils se sont plu à me persécuter."
Il signifie aussi, Aimer à être dans un lieu, s'y trouver bien. "Il se plaît à la campagne. C'est un des lieux où je me plais le plus. Je ne saurais me
Il se dit, en ce sens, Des animaux. "Le gibier se plaît dans les taillis. Les truites se plaisent dans l'eau vive."
Il se dit aussi, figurément, Des plantes. "La vigne se plaît dans les terres pierreuses. Le sapin se plaît sur les montagnes."
"Se
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
s'emploie aussi impersonnellement, en parlant D'une chose qu'on veut, qu'on a pour agréable. "Il a plu à Dieu de finir ses misères. Il faut demander à Dieu qu'il lui plaise de calmer le courroux de votre père, qu'il lui plaise que votre père s'apaise. Il n'en sera que ce qu'il vous plaira. Je ferai ce qu'il vous plaira. Vous plaît-il d'être de la partie? Il ne me plaît pas que vous alliez là. Il mène cet homme-là comme il lui plaît. Il en fait tout ce qu'il lui plaît. S'il vous plaît de vous en informer. Pour répondre à ce qu'il vous a plu de m'écrire, je vous dirai que... Que vous plaît-il que je fasse? Ce qui me plaît, c'est que vous fassiez telle chose."
"Nous voulons et nous plaît ce qui suit." Formule qui était autrefois employée dans les édits et déclarations du roi.
"S'il vous plaît," employé absolument, est souvent un simple terme de civilité. "Soyez, s'il vous plaît, persuadé que je vous servirai en toutes choses. Faites-moi, s'il vous plaît, la grâce de m'écouter. Donnez-moi cela, s'il vous plaît. Répondez, s'il vous plaît, à la question que je vais vous faire." C'est aussi une façon de parler qui ajoute quelque énergie à ce qu'on dit. "Croyez, s'il vous plaît, que je sais bien ce que je dis. N'allez pas, s'il vous plaît, vous imaginer que vous m'avez convaincu."
Prov., "Cela va comme il plaît à Dieu," se dit D'une affaire dont la conduite est abandonnée, négligée.
Prov., "Il est auprès de lui, devant lui, à plaît-il maître," se dit D'un homme qui a une complaisance servile pour un autre.
Dans le style familier, une personne qu'on appelle répond quelquefois, "Plaît-il?" c'est-à-dire, Que vous plaît-il? que demandez-vous de moi? Quelquefois aussi on emploie cette phrase pour faire répéter ce qu'on n'a pas bien entendu.
"Plaise à Dieu, plût à Dieu que." Façons de parler dont on se sert pour marquer qu'on souhaite quelque chose. "Plaise à Dieu qu'il revienne sain et sauf! Plût à Dieu que cela fût!" On dit aussi absolument, "Plût à Dieu!"
"À Dieu ne plaise, ce qu'à Dieu ne plaise." Façons de parler dont on se sert pour témoigner l'éloignement ou l'aversion que l'on a pour quelque chose. "À Dieu ne plaise que j'y consente jamais. S'il meurt, ce qu'à Dieu ne plaise, je quitterai cette maison."
"Plaise." Terme de formule dont on se sert dans quelques écrits ou mémoires qu'on présente au roi, aux magistrats. "Plaise au roi. Plaise à la cour m'octroyer. Etc." Il a vieilli.
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
["Plère": 1re "è" moy. et long, 2e "e" muet.] "Neutre", il signifie agréer à... être au gré de... Il se dit ou avec le datif: il faut chercher à "
- 2°. "V. impers." trouver bon, vouloir, avoir pour agréable. Il régit le datif des persones, et la prép. "de" devant les verbes à l'infinitif ou "que" avec le subjonctif; le 1er quand le verbe régi se raporte au nom, qui est au datif, le 2d quand il ne s'y raporte pas. '"Vous plait il de" le "faire"? "Vous plait-il que" je le "fasse"? = Quelques Écrivains ont employé l'infinitif sans préposition.
Et nos jours criminels ne pourront pas durer,
Qu'autant qu'"à" sa clémence "il plaira l'endurer".
"Corn."
'Afin qu'"il plaise à" Dieu "bénir" nos travaux. "Let. Édif." = "Vaugelas" aprouve ce régime dans quelques phrâses: 'Quelquefois, dit-il, on retranche le "de", et on met l'infinitif sans préposition: "s'il lui plaisoit m' honorer" de ses commandemens: la faveur qu'"il vous a plu me faire". L'"Acad." ne met aucun exemple sans la préposition "de". Je crois qu'en prôse il vaut mieux l'employer: permis aux Poètes de la suprimer, quand cela les acomode.
"Rem." Il y a de la diférence entre "ce qui te plait", et "ce qu'il te plait:" le premier signifie "ce qui t'est agréable", et le second "ce que tu veux". "Racine", dans "les Plaideurs" a mis l'un pour l'aûtre.
Tu prétends faire ici de moi "ce qui te plait".
Il est visible qu'il auroit falu dire "ce qu'il te plait", c. à. d. "ce que tu veux". D'OLIV. Plusieurs Auteurs ou leurs Imprimeurs ont fait la même faûte; car c'en est une. 'L'éloquence nous rend maîtres du coeur et de l'esprit des aûtres, et fait que nous leur inspirons, ou que nous leur persuadons tout "ce qui nous plait". LA BRUY. Il faut dire, "tout ce qu'il nous plait"; on sous-entend, "leur inspirer", "leur persuader". = "J. J. Rousseau" dit toujours "ce qui" pour "ce qu'il": 'Ils le veulent forcer à croire tout "ce qui leur plait". Dites, "tout ce qu'il leur plait" (de croire). J'ai souvent entendu ce dialogue à table: Que voulez-vous que je vous serve, du grâs ou du maigre?
- "Ce qu'il vous plaira".
- "Ce qui me plait" je le garde pour moi. = La réponse, même en plaisanterie, n'est pas juste; car en disant "ce qu'il vous plaira", on sous-entend, "me doner". Si l'on disait, "ce qui vous plaira", on dirait toute aûtre chôse que ce qu'on veut dire. = "À~ dieu ne plaise" est aussi impersonel, mais il ne régit que la conjonct. "que" et le subjonctif. '"À~ Dieu ne plaise que" je lui "fasse" ce tort. On dit quelquefois en parenthèse, "ce qu'à Dieu ne plaise", sans régime: 'Si ce Royaume perdoit la Foi, "ce qu'à Dieu ne plaise", les promesses de J. C. ne seroient pas pour cela trompeuses. "Boss." On l'emploie même quelquefois à la fin de la phrâse. 'Je vous acuse donc d'être un menteur: "à Dieu ne plaise"! Mais je crois que vous vous êtes trompé. = "Plut à Dieu", régit "que" et le subjonctif, et "plaise à Dieu" l'infinitif avec "de". '"Plut à Dieu qu'"ils "conussent" de bone fois que tous les Grands ne sont que les vassaux de Dieu. "Mascaron". '"Plaise à Dieu de conserver" dans ces sentimens les Missionaires. "Let. Édif."
- "Plut à Dieu" se met aussi à la fin de la phrâse, en réponse à ce qui précède: 'Votre ami sera peut-être de la partie. "Plut à Dieu"! c. à. d. je le souhaite fort: cela me ferait beaucoup de plaisir.
3°. "Se
Et son âme "se plait" dans leur plus rude effort,
"D'exercer" sa fortune et "d'éprouver" son sort.
"Brébeuf".
"Racine" dit aussi dans le dernier choeur d'"Esther".
....Relevez les superbes portiques
Du Temple où notre Dieu "se plait d'être adoré".
M. "d'Olivet" se contente de remarquer qu'on auroit dit, "se plait à être adoré", si l'hiatus l'avoit permis. En prôse, il faut toujours dire, "se plait à": l'"Acad." ne le dit point aûtrement. = Pour les noms, "se
Semble aimer sa douleur et "se
Il falloit dire, "se
Emplacement dans le dictionnaire :
| plaignant plain plain-chant plaindre plaine plaint plainte | plaintif plaintivement plaisamment plaisance plaisant plaisanté | plaisanter plaisanterie plaisantin plaise plaisir plamage plamee |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )...de censeurs et de jésuites. Il est à craindre que la littérature, devenue un art d'autant plus hardi qu'il trouve en autrui moins d'accueil, d'autant plus insolent qu'il voit diminuer ses chances de plaire, d'autant plus ésotérique qu'il sent se raréfier autour de lui l'air intellectuel, il est à craindre qu'au lieu de tendre toujours vers de nouvelles frontières la littérature ne soit destinée à se...
Citation n°2 de Maurice BARRÈS (Le Jardin de Bérénice)
...pour moi ta tristesse, ton sourire et ta pâle maison pleine de ton coeur ardent. Elle me répondit qu'à quitter tout cela elle ne trouverait pas le bonheur, et qu'elle le ferait seulement pour me plaire davantage. J'en fus ému au point de compromettre ma thèse : - ma chère petite, ne rougis pas des malheurs qui t'ont offensée ; crois bien que mon amour s'envenimait de ton chagrin habituel. Et même,...
Citation n°3 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)
...luxueusement rehaussée par des odeurs de musc et de patchouli. Elle l'avait quitté comme elle l'avait pris, sans lui donner d'explications, le mettant de côté comme une ombrelle qui a cessé de plaire. Mais elle l'avait marqué pour la vie, le flétrissant d'une tare indélébile, lui ayant révélé l'usage du linge fin, des dessous neigeux, de la poudre de riz et du fard. Désormais, il fut incapable...
Citation n°4 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)
...jusqu'à cette heure décisive, la réserve d'un jeune homme bien pensant. Préparée à l'avance, et conforme aux sentiments de loyauté rigide alors en usage dans la littérature, cette réponse devait plaire. Le jeune homme y montrait de la franchise, de la dignité, et de la déférence envers les décisions de ses oncles. Aussi bien ne concédait-il point tout, et savait-il obtenir de vivre, étudiant,...
Citation n°5 de Ernest RENAN (Souvenirs d'enfance et de jeunesse)
...de préférence à l'intrigue, à la vulgarité, au charlatanisme qui cultive l'art de la réclame, à la rouerie qui serre habilement les contours du code pénal, une telle société, dis-je, ne saurait nous plaire. Nous avons été habitués à un système plus protecteur, à compter davantage sur le gouvernement pour patronner ce qui est noble et bon. Mais par combien de servitudes n'avons-nous pas payé ce...
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